Evaluer une décision

Plus une organisation est de taille importante et plus il y a d'acteurs dans un processus décisionnel. Le risque est alors important d'observer ce qu'on appelle "injonctions paradoxales" ou "décisions absurdes". Evaluer ses décisions mais également les projets et réflexions en cours est alors primordial.

Matrice decisionnelle

 

L'injonction paradoxale

L'injonction paradoxale, ou décision absurde, est une décision, ou un processus, qui conduit à produire un résultat contraire à l'objectif initialement recherché, ou contraire à une priorité établie par ailleurs. 

Elles sont souvent aberrantes du fait des energies consacrées (en terme de charge de travail et de processus générés) et souvent irreversibles du fait des changement de posture opérés et des intérêts et dynamiques établies.

Elle est souvent la résultante d'une décision prise sans évaluation rationnelle, reposant sur des croyances, des à priori et des conjectures. 

Exemple : un projet visant à optimiser des ressources, et qui conduit, in fine, à complexifier davantage les processus, à démultiplier les charges de travail (conception, contrôle, information, transaction, coordination etc.), et à conduire à la création de postes, de services, de couches hiérarchiques supplémentaires... autant de "niches" qu'il sera difficile d'enlever par la suite.

 

 

Etablir un audit décisionnel

Il y a alors tout intérêt à évaluer la décision ou le projet selon une méthodologie mettant l'accent sur :

  • les enjeux (optimisation des ressources, agilité et réactivité, réponse aux demandes du service au public)
  • les finalités attendus (résultat à atteindre)
  • la visibilité sur les risques et coûts induits à moyen et long terme (mécanismes incitatifs, changement de posture des acteurs, pouvoirs et intérêtes nouvellement attribués, charges générées en terme de contrôle, de conception, de coordination, de transaction, de pilotage et d'arbitrage etc.)
  • l'analyse coûts / bénéfices (méthode ABC)
  • La concordance (au regard des enjeux et priorités établis, au regard d'autres projets ...)
  • la sobriété (des moyens et ressources utilisés)

Matrice decisionnelle 2

Cette démarche ne peut être que rationnalisée. Il est en effet très difficile d'aller contre ses croyances et prismes, chacun cherchant à confirmer ses choix, via des "biais de confirmation". D'où l'intérêt d'une méthodologie externe.

Prise de decision

Exemple de décision "absurde" :

Decision absurde 1

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