indicateur de pilotage

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A force de lire dans les mémoires d’étudiant qu’un indicateur de « pilotage » doit être SMART, il me semblait nécessaire de faire une revue de la littérature pour tenter d’enrichir la réflexion (il ne s’agit que d’une ébauche à compléter).
Si la référence bibliographique est rarement fournie (pour ne pas dire jamais), il s'agit bien d'une proposition développée dans une revue académique par George T. Doran en 1981. La signification de l'acronyme est fluctuante :
 
  • Spécifique ;
  • Mesurable ;
  • Acceptable, Ambitieux ou Accessible selon les versions ;
  • Réaliste ;
  • et situé dans le Temps. Cette dernière caractéristique est mal comprise ce qui donne lieu à des interprétations plus ou moins ésotériques.
La source originale révèle une libertés certaine dans l'interprétation d'Assignable et de Time-related. 

L’encyclopédie de comptabilité, contrôle de gestion et audit (Colasse, 2000) n’apporte pas de réponse satisfaisante quant aux qualités requises pour un indicateur. Dans l’article consacré aux tableaux de bord, Jean-Louis Malo précise que « disponibles rapidement et fiables, les indicateurs seront si possible ‘en avance’ sur l’évolution de l’activité ; seront ainsi privilégiés des indicateurs non financiers et externes […] » (Malo, 2000, p. 1135).

Henri Bouquin (2004) ne définit pas réellement ce qu’est un indicateur, il les catégorise en se fondant sur les réflexions relatives au Balanced Scorecard de Robert Kaplan et David Norton. Ainsi, quatre catégories d’indicateurs sont-elles distinguées :
 
  • financiers (opinion que se font les actionnaires de l’entreprise) ;
  • internes (efficacité et efficience des processus) ;
  • tournés vers le marché (satisfaction des clients) ;
  • de progrès continu (capacité à innover).

Seul Michel Gervais (2009) propose une véritable revue des problématiques associées aux indicateurs en s’appuyant sur la définition d’Henri Savall et Véronique Zardet (1992, p. 176) : les indicateurs de pilotage sont « des concentrés d’informations particulièrement signifiants qui ont un sens immédiat pour celui qui les regarde ». Les qualités requises pour un bon indicateur sont la fiabilité, la justesse et la précision : « la fiabilité est la qualité d’un instrument de mesure qui donne toujours la même indication lorsqu’il est placé ou utilisé dans les mêmes conditions. La justesse est la propriété de ce qui est conforme à la réalité.
 
La précision touche au degré d’exactitude de la mesure » (Gervais, 2009, p. 689). Il propose de tester la qualité d’un indicateur au travers :
  • de sa signification ;
  • des actions qu’il induit ;
  • son équité ;
  • et sa fiabilité.
Md1

Concrètement, des fiches indicateur peuvent être mises en place pour les caractériser dans l’ensemble de leurs dimensions.

Documents proposés par Antoine Pauwels

 

Ces quelques éléments permettent de dépasser la seule « référence » à l’intelligence de l’indicateur (SMART). Ils mériteraient d’être complétés par les réflexions de Robert Kaplan et David Norton sur les indicateurs et plus généralement pas les méthodologies d’identification des indicateurs (Méthode OVAR, cartes cognitives…).

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