Contractualisation État-collectivités : l’AMF, l’ADF et Régions de France estiment que le « compte n’y est pas »

Sources : Maire Info

Alors que le gouvernement vient de finaliser la circulaire portant sur les modalités de contractualisation financière entre l’Etat et les collectivités et qu’il doit l’adresser « cette semaine » aux préfets, l’AMF, l’ADF et Régions de France rappellent, dans un communiqué commun publié hier, que « des lacunes substantielles entraînant un grave déséquilibre subsistent » dans ces contrats, ceux-ci faisant « injustement porter la prise en charge d’une partie du déficit de l’Etat par les collectivités locales ».
Si ce pacte financier représente « un nouveau paradigme dans la relation entre l’Etat et les collectivités », aux yeux de Bercy, les trois associations reprochent au gouvernement de ne pas prendre en compte « les recettes d’exploitation des services » et que soient ainsi « pénalisées » les collectivités qui « dégagent des excédents, contribuant à la réduction du déficit ».


Elles demandent donc que « les conséquences des mesures décidées unilatéralement par l’Etat sur les dépenses de fonctionnement soient exclues du calcul du taux de progression de ces dépenses » mais aussi que « les chambres régionales des comptes puissent se constituer en tiers de confiance dans le cadre des négociations Etat-collectivités ».


Inscrits dans la loi de programmation relative aux finances publiques (FPFP) 2018-2022, ces contrats d’une durée de trois ans prévoient que les 322 plus importantes collectivités territoriales (et EPCI) - dont les dépenses de fonctionnement dépassent les 60 millions d’euros - soient soumises à une limitation de leurs dépenses de fonctionnement de 1,2 % par an, inflation comprise (lire Maire info du 18 décembre 2017 et du 23 février). En échange, le gouvernement s’engage à maintenir les concours financiers de l’Etat. « Ce pacte financier permettra d’économiser 2,6 milliards d’euros par an alors que la baisse des dotations en représentait 3,7 milliards les années précédentes », explique-t-on du côté de Bercy.
France urbaine a rappelé hier, dans un communiqué, qu’elle « soutient depuis l’origine cette démarche nouvelle et exigeante faisant le pari du dialogue et de la confiance » avec le gouvernement. Une approche qui, selon elle, a permis de « mieux calibrer l’effort demandé aux collectivités ».


De leur côté, l’AMF, l’ADF et Régions de France estiment « indispensable » que figure dans ces contrats « une clause portant sur les engagements que l’Etat serait susceptible d’offrir en échange d’une limitation de la progression des dépenses de fonctionnement des collectivités » (par exemple, le « respect des engagements dans les contrats de plan Etat-région », le « co-financement d’investissements »…). Les trois associations jugent, par ailleurs, que « ces contrats contreviennent aux objectifs de politiques publiques qui génèrent de nouvelles dépenses de fonctionnement » et alertent « sur le risque de nouvelles réductions des investissements et des services à la population ».


Pour rappel, comme le prévoit la LPFP 2018-2022, le taux de croissance annuel des dépenses de fonctionnement (fixé au maximum à 1,2 %) pourra être modulé à la hausse ou à la baisse selon trois critères (démographique, efforts antérieurs et revenu moyen par habitant) qui pourront donner lieu à un bonus ou à un malus de 0,15 % par critère.
De source gouvernementale, sur les 322 collectivités concernées par ces contrats, « 187 bénéficieront d’un taux allant au-delà des 1,2 % » alors que 103 d’entre elles seront soumises au taux de 1,2 % puisque « aucun critère ne leur sera applicable ». « Plusieurs collectivités » seront ainsi soumises au taux maximal de 1,65 % mais « aucune » au taux minimal de 0,75% ...

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